Haemophilus influenzae

Sommaire

L'Haemophilus influenzae est une bactérie responsable d'infections, notamment pulmonaires, chez l'homme.

Haemophilus influenzae : qu'est-ce que c'est ?

L'Haemophilus influenzae est une bactérie appartenant à la famille des Pasteurellaceae et au genre Haemophilus. On l’appelle ainsi car elle aime l'hémine tirée de l'hémoglobine et se développe volontiers dans un organisme affaibli par la grippe, ou « influenza ».

On utilise différents critères pour catégoriser les bactéries :

  • Forme : l'Haemophilus influenzae est un coccobacille polymorphe. Il se présente ainsi sous deux formes différentes : la forme sphérique (coque) ou en bâtonnet (bacille).
  • Capsule : la bactérie existe sous deux formes, encapsulée ou non.
  • Coloration de Gram : c'est une bactérie à Gram négatif.
  • Conditions de développement :
    • C'est une bactérie aéro-anaérobie facultative : une petite quantité d'oxygène est préférable à son développement, mais elle peut s'en passer.
    • Deux facteurs de croissance (composés protéiques) sont indispensables à son développement : l'hémine et le NAD (nicotinamide adénine dinucléotide).

Pouvoir pathogène de l'Haemophilus influenzae

Le pouvoir pathogène d'une bactérie correspond à sa capacité à induire une maladie :

  • L'Haemophilus influenzae fait partie de la flore normale des muqueuses des voies respiratoires supérieures, notamment le nez et le pharynx. Elle est présente sans maladie associée chez 40 à 60 % de la population générale, dite « porteur sain ». Il s'agit dans la grande majorité des cas de souches non encapsulées.
  • Il existe 6 sérotypes distincts, de A à F, différenciés par la composition de la capsule (si elle existe) ou de l'enveloppe de la bactérie. Le plus fréquent est le sérotype B.
  • L'Haemophilus influenzae est une bactérie opportuniste, c'est-à-dire qu'elle profite de l'affaiblissement du corps humain (infection virale ou exposition aux facteurs irritants comme le tabac) pour induire une maladie.
  • La capsule confère aux Haemophilus influenzae qui la possèdent une défense contre notre système immunitaire. Le sérotype le plus virulent est le type B.
  • La vaccination contre la bactérie permet de sauver des vies ! Avant son avènement, les méningites à Haemophilus influenzae chez l'enfant en bas âge étaient fréquentes et responsables de nombreux décès.

L'Haemophilus influenzae est ainsi responsable de plusieurs types d'infections dont certaines sont graves. Les âges à risque d'infection grave à pneumocoque sont les moins de 2 ans et les plus de 65 ans :

  • infections à Haemophilus influenzae la plupart du temps bénignes : otite moyenne aiguë, sinusite, bronchite ;
  • infections à pneumocoque potentiellement dangereuses : pneumopathie, méningite, septicémie.

Traitement des infections à Haemophilus influenzae

Il existe deux catégories de traitements contre l’Haemophilus influenzae : les traitements curatifs et les traitements préventifs.

Traitements curatifs de l’Haemophilus influenzae : les antibiotiques

Il existe une dizaine de classes d'antibiotiques. Les plus fréquemment utilisés sont les pénicillines, les céphalosporines, les aminosides, les macrolides, les fluoroquinolones, les glycopeptides et les imidazolés :

  • Un grand nombre d’entre eux sont actifs sur l'Haemophilus influenzae. Les plus fréquemment utilisés sont les céphalosporines de 3e génération (C3G) comme la Rocéphine®.
  • Certaines bactéries possèdent une résistance naturelle à des antibiotiques. C'est le cas de l'Haemophilus influenzae pour les macrolides et les glycopeptides entre autres.
  • Par ailleurs, le Comité des médicaments à usage humain de l’Agence européenne des médicaments (EMA) a recommandé d’accorder une autorisation de mise sur le marché à Recarbrio® pour le traitement des infections dues à des organismes aérobies à Gram négatif chez des adultes disposant d’options thérapeutiques limitées.
  • Les bactéries sont par ailleurs capables de développer des résistances contre certains antibiotiques, on parle de résistances acquises. Dans les cas de l'Haemophilus influenzae, deux résistances acquises sont connues :
    • les bêtalactamines, dont font partie les pénicillines et les céphalosporines (toutefois, la résistance aux céphalosporines de 3e génération est en baisse - de 0,2 % seulement - selon les données publiées en 2019 par Santé publique France),
    • les fluoroquinolones (antibiotiques les plus fortement associés à une augmentation des résistances).
  • L'acide clavulanique couplé à l'amoxicilline, par exemple dans l'Augmentin®, est actif sur presque toutes les souches.

Prévention de l’Haemophilus influenzae : les vaccins

La vaccination contre Haemophilus influenzae est obligatoire pour les nourrissons dès l’âge de 2 mois.

Les vaccins actuellement utilisés sont couplés à d'autres vaccins ayant le même schéma vaccinal :

Aucune sanction n'est prévue pour les parents d'un enfant non-vacciné (sur la base de son carnet de santé), mais celui-ci ne sera pas admis en collectivité (crèche, école, garderie, etc.). Le maintien de l'enfant en collectivité est en effet subordonné à la justification chaque année de la réalisation des vaccinations obligatoires (décret n° 2019-137 du 26 février 2019, venu compléter l'article R. 3111-8 du Code de la santé publique).

Le schéma vaccinal du nourrisson est le suivant : 3 injections à 1 mois d'intervalle avant 6 mois, 1 rappel à 18 mois. Notez que cette vaccination est prise en charge par la Sécurité sociale à hauteur de 65 % et à 35 % par les mutuelles. La gratuité est appliquée dans les centres de vaccination pour les personnes sans mutuelle.

Pour en savoir plus :

  • Les allergies aux antibiotiques sont en réalité plus rares qu’on ne le pense. On vous aide à faire le tri entre les vraies et les fausses.
  • De nombreux vaccins sont obligatoires en France et doivent être réalisés à des âges précis. On fait le point ensemble sur le calendrier vaccinal, qui comprend les dates de primo-injections et de rappels.
  • Toux et homéopathie, vous n’y croyez pas ? L’homéopathie peut pourtant aider à combattre certaines toux. On revient ensemble sur les plantes qui fonctionnent selon le type de toux.