Traitements du coronavirus COVID-19

Rédigé par des auteurs spécialisés Ooreka  À jour en janvier 2021

Sommaire

Le COVID-19, dû à un virus issu de la famille des coronavirus appelé SARS-CoV-2, a envahi la France et de multiples autres pays. Cette pandémie a débuté en décembre 2019 en Chine (province de Wuhan). Les données de prise en charge des personnes suspectées d'être atteintes ou véritablement infectées par ce virus évoluent chaque jour. En effet, ce virus jusque-là inconnu n'a été identifié qu'en janvier 2020, donc trop récemment pour être suffisamment connu pour mettre en place des consignes et des traitements efficaces dès le début.

Quels traitements actuellement contre le COVID-19 ?

Pour le moment, il n'y a aucun traitement qui soit directement efficace sur le virus SARS-CoV2 du COVID-19 (le SARS-CoV1 étant celui de l'épidémie de 2002). Ce virus étant connu seulement depuis janvier 2020, il est encore difficile de lui connaître un médicament efficace.

Le traitement est donc à ce jour purement symptomatique. Il vise à lutter contre les symptômes en diminuant la température, atténuant les douleurs, en réhydratant, en oxygénant...

Une hospitalisation n'est nécessaire que dans des cas particuliers, et surtout les cas graves (en cas de malaise et de détresse respiratoire).

Les consignes sanitaires et médicales sont modifiées régulièrement en tenant compte des évolutions de l'épidémie et des connaissances scientifiques à son sujet.

La prise en charge ambulatoire, c'est-à-dire sans hospitalisation, suit des règles strictes qui sont régulièrement mises à jour. Vous retrouverez toutes les informations sur le site du Ministère des Solidarités et de la Santé.

Tests diagnostics

Le test diagnostic du Coronavirus SARS-CoV-2 est clinique, c'est-à-dire que le médecin va se baser sur les symptômes de la personne pour suspecter le diagnostic de COVID-19.

La réalisation d'un prélèvement pour confirmer le diagnostic n'est pas obligatoire. Le prélèvement est effectué dans certains cas particuliers précis (symptômes graves nécessitant une hospitalisation, personnel soignant avec des symptômes de la maladie,,...), par un personnel soignant entraîné et protégé, et dans des conditions très surveillées et structurées afin d'éviter toute contamination du préleveur et des autres intervenants potentiels.

S'il est réalisé, le prélèvement est effectué par écouvillonnage naso-pharyngé, c'est-à-dire en introduisant une sorte de grand coton-tige assez profondément dans le nez. Il s'agit d'un geste simple qui est plus ou moins douloureux selon la sensibilité de chacun. Ce test était initialement réalisé en hôpital mais depuis peu les laboratoires de ville sont également habilités. Le nom donné à la technique de laboratoire qui permet de confirmer que la personne est atteinte du COVID-19 est la RT-PCR.

De plus, les tests rapides de diagnostic du Sars-CoV-2 sont officiellement autorisés. Ils pourront être utilisés dans le cadre d’opérations de dépistage en population générale, mais pas pour les personnes symptomatiques ou les cas contacts. En cas de positivité, ce test doit être confirmé par une RT-PCR.

Quelles pistes de traitements ?

Tous les pays ont aujourd'hui déployé des moyens pour trouver un traitement efficace.

Plusieurs essais thérapeutiques sont actuellement en cours.

Certains médicaments déjà existants constituent des pistes prometteuses et font l'objet d'essais cliniques. 

  • La chloroquine (Nivaquine®), un médicament contre le paludisme et dont le nom commercial, sous forme d'hydroxychloroquine, est Plaquenil® (aujourd'hui autorisé dans la prise en charge du lupus, de la polyarthrite rhumatoïde ou encore, à titre préventif, pour les allergies au soleil). La dose de 500 mg par jour pendant 10 jours (disponible uniquement sur ordonnance) aurait laissé entrevoir une certaine efficacité, mais les centres de pharmacovigilance appellent le public et les professionnels de santé à ne pas les utiliser contre le coronavirus, en raison de ses bénéfices inconnus et de ses risques avérés. Seuls des tests dans un cadre protocolaire comme un essai clinique sont autorisés et ils doivent être précédés par un électrocardiogramme avant l'instauration du traitement, puis 3-4 heures après, puis deux fois par semaine (en raison des risques cardiaques majeurs que font courir l'hydroxychloroquine et la chloroquine).
  • L'antiviral Remdesivir®, généralement utilisé contre le virus Ebola, pourrait être efficace.
  • Le Kaletra® et ses génériques, un médicament anti-VIH (un anti-rétroviral) qui associe 2 molécules antivirales (lopinavir et ritonavir) et qui est utilisé pour le traitement du VIH, utilisé seul ou en association avec de l'interféron serait potentiellement actif sur le virus du COVID-19 également. Tout comme la chloroquine et l'hydroxychloroquine, ces médicaments ne doivent être utilisés que dans le cadre hospitalier.

D'autres pistes sont également à l'étude et concerneraient plusieurs médicaments comme l'Avigan® (traitement reconnu de la grippe), des thérapies par anticorps issus de patients infectés mais guéris...

Des tests et études cliniques sont actuellement en cours pour confirmer l'efficacité de ces médicaments contre le virus du COVID-19.

Le temps presse et les chercheurs le savent très bien et font au mieux pour aboutir à un résultat positif. 

Attention aux anti-inflammatoires 

Le ministre des Solidarités et de la Santé Olivier Véran a alerté dans un tweet, le 14 mars 2020, sur le fait que « la prise d’anti-inflammatoire (ibuprofène, cortisone...) pourrait être un facteur d’aggravation de l’infection ».

En effet, des cas de patients jeunes dans un état grave après avoir pris des anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) ont été recensés. Cela est probablement lié à une baisse des défenses immunitaires causée par ces médicaments.

De ce fait, en cas de fièvre, le seul traitement adapté pour les douleurs et la fièvre serait le paracétamol. Mais il est nécessaire de ne pas dépasser les doses maximales journalières : 60 mg/kg/jour avec un maximum de 3 g par jour. D'autant que le paracétamol exerce lui aussi une action anti-inflammatoire et il n'est donc pas plus à conseiller que les AINS.

Dans cette optique, l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses) met en garde contre la consommation de certains compléments alimentaires contenant des plantes contenant des dérivés de l'acide salicylique (analogues de l'aspirine) :

Et aussi des plantes contenant d'autres anti-inflammatoires végétaux :

L'Anses recommande donc :

  • aux personnes consommant ces compléments alimentaires dans un but préventif de suspendre leur consommation si les premiers symptômes du Covid-19 surviennent ;
  • aux personnes consommant ces compléments alimentaires dans un contexte de pathologies inflammatoires chroniques de discuter impérativement avec leur médecin de la pertinence de poursuivre ou non leur consommation.

Les vaccins contre le COVID-19

Plusieurs vaccins ont été développés depuis l'apparition de la pandémie. Deux sont actuellement disponibles : le vaccin de Pfizer et BioNTech et celui de Moderna qui a reçu le feu vert de l’Agence européenne du médicament (EMA) et, le vendredi 8 janvier 2021, celui de la Haute Autorité de santé.

Un décret du 31 décembre 2020 prévoit pour tous la prise en charge intégrale des consultations pré-vaccinales et de vaccination, ainsi que des frais d'injection du vaccin. Les non assurés sociaux bénéficient d'une dispense d'avance de frais.

Les publics concernés et le calendrier de la vaccination contre la Covid

Dans un premier temps (tout au long du mois de janvier 2021) sont vaccinées (sur la base du volontariat) les personnes les plus vulnérables et les plus susceptibles de développer des formes graves de la maladie. Il s'agit notamment :

  • des personnes âgées en établissements : établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad), unités de soins de longue durée (USLD), résidences services seniors... ;
  • des personnels qui travaillent dans ces établissements lorsqu'ils sont à risque de développer une forme grave du Covid-19 ;
  • des professionnels des secteurs de la santé et du médico-social, des pompiers et des aides à domicile âgés de 50 ans et plus et/ou présentant des comorbidités depuis le 4 janvier 2021 ;
  • des personnes âgées de 75 ans et plus vivant à domicile à partir du 18 janvier 2021.

Plan de vaccination

La prise de rendez-vous dans des centres de vaccination est possible par téléphone et via internet au 14 janvier 2021 (un centre de vaccination par département est ouvert. À partir de lundi 11 janvier 2021, il y en aura 300, puis 600 à la fin du mois de janvier). L'objectif est de vacciner 1 million de personnes d'ici fin janvier.

Dans un second temps, à partir de fin février-début mars 2021, la vaccination sera élargie aux personnes âgées de 65 à 74 ans.

Dans un troisième temps, la vaccination sera ouverte à tous à partir du printemps 2021 et se poursuivra tout au long de l'année.

Les professionnels de santé comme les personnes vaccinées peuvent signaler tout effet indésirable remarqué à la suite d'une vaccination sur signalement-sante.gouv.fr.

Rappelons enfin qu'en l'état actuel des connaissances, les vaccins disponibles ou en cours de développement réduisent la gravité des symptômes mais pas la contagiosité. Il faut donc continuer à s'isoler en cas de test positif, en cas de contact avec une personne positive ou en cas de symptômes.

L'application « TousAntiCovid » permet de prévenir, tout en garantissant l'anonymat, les personnes qui ont été à proximité d'une personne testée positive au Covid-19 afin qu'elles puissent se faire tester à leur tour et se confiner si besoin. Il faut aussi continuer à appliquer scrupuleusement les gestes barrières et à porter le masque, même pour les personnes vaccinées.

Si vous avez des questions sur la stratégie de vaccination, sur les vaccins, sur leur approvisionnement et leur surveillance, rendez-vous sur la Foire aux questions du Ministère des Solidarités et de la santé.

Ces pros peuvent vous aider